Quand on ne vote pas automatiquement pour un camp, les élections deviennent un véritable casse-tête.

Comment juger qui va le mieux gérer les bâtiments des collèges, l'action sociale, les routes...?

Le tract distribué par les "candidats libres" (!) Moga-Vulliamy a le mérite d'expliquer les compétences du Conseil Général (CG). Si vous habitez le canton, vous avez dû l'avoir dans votre boîte... Reportez-vous y ! On y trouve que l'Action sociale représente 50% du CG.

Curieusement, le CG n'a pas de compétence pour le ferroviaire. "On" lui demande pourtant de passer à la caisse pour financer la LGV Tours-Bordeaux, et il a déjà provisionné de l'argent pour financer la LGV Bordeaux-Toulouse...

Vous remarquerez que je distingue bien les deux LGV qui peuvent concerner le département du Lot-et-Garonne :

- Tours-Bordeaux :

C'est le projet le plus avancé ; on croit même pouvoir y faire rouler les trains à partir de 2016... En gros, l'enjeu pour le département du Lot-et-Garonne est de gagner une heure sur le trajet vers ou depuis Paris (quand les TGV arrivent à l'heure).

Le montage financier est le suivant :

L'Etat et plusieurs dizaines de collectivités locales sont appelés à réunir une somme rondelette. Cette somme est offerte, par l'intermédiaire de RFF (Réseau Ferré de France) au concessionnaire choisi par appel d'offres, qui s'engagera à construire, à entretenir et à exploiter la voie ferrée pendant 50 ans. En plus de cette somme, ce concessionnaire touchera les péages des trains qui circuleront, et il devra remettre la voie à RFF au terme des 50 ans.

C'est un "PPP" (Partenariat Public Privé). La formule est nouvelle, parait très aventureuse. Elle pose ce genre de questions :

  • Comment calculer la juste participation de l'Etat et des collectivités locales (donc de l'impôt) ?
  • Que prévoit le contrat de concession en cas de non-rentabilité ?
  • Comment le concessionnaire (une entreprise de travaux publics) saura-t-il faire le métier très particulier que fait pour l'instant RFF (gérer une infrastructure ferroviaire) ?
  • N'y a-t-il pas une confusion dangereuse entre intérêts publics et intérêts privés ?

Le département du Lot-et-Garonne doit-il participer à l'opération ainsi ficelée ? Supposons qu'il dise "non"... la LGV Tours-Bordeaux sera probablement construite quand même... et qu'est-ce qui empêchera les lot-et-garonnais de prendre les TGV qui y circuleront ?

On devine qu'il y aura des rétorsions en cas de vote "non"... Pourtant le CG a reporté son vote jusqu'à une date indéterminée, sous la pression des opposants à une autre LGV : Bordeaux-Toulouse.

 

- Bordeaux-Toulouse :

Cette LGV est en discussion. Elle fait partie des "grands projets du Sud-Ouest". Voir le site GPSO.

Son impact sur le département du Lot-et-Garonne est complètement différent de la LGV Bordeaux-Tours :

  • L'environnement et le patrimoine foncier et immobilier des Lot-et-Garonnais sont touchés de plein fouet par une nouvelle barrière qui traverse tout le département.
  • Le bénéfice en gain de temps pour les voyageurs des trains est maigre : il concerne une petite distance (Bordeaux-Agen ou Toulouse-Agen), et beaucoup de TGV ne s'arrêteraient pas à Agen. De plus, il est question de faire une gare au sud d'Agen, ce qui rend les correspondances avec le train régional très difficiles.

Donc, la LGV Bordeaux-Toulouse coûterait cher au département du Lot-et-Garonne, mais lui rapporterait peu. On va quand même lui demander de payer, et même cher...

Qu'en pensent nos candidats ?

Jusqu'à présent, à ma connaissance, seuls les candidats Lougnon-Féral (Gauche écologique et sociale) se sont prononcés à ce sujet, et l'ont abordé en réunion publique. Ils sont globalement contre la réalisation de ces deux LGV (contre le partenariat public-privé, contre l'impact environnemental) et pour une amélioration du réseau ferré existant, qu'ils pensent menacé si tant d'argent public va aux LGV.