La Communauté de communes Val de Garonne (CCVG) a voté l'achat (1 043 330 euros, mais il y aura aussi un coût d'aménagement des locaux) de la maison du Prince Noir à Marmande. Mais le total "abstentions + vote contre" était majoritaire.

Le piéton du Canal (du Mas d'Agenais) nous résume "l'affaire" avec quelques photos, et quelques commentaires peu diplomatiques, plutôt désapprobateurs, qui prolongent ou amplifient les critiques exprimées à la CCVG avant le vote.

Nous tonneinquais devenons donc co-propriétaires de cette demeure princière, sans l'avoir voulu. Daniel Tessier, un des délégués de Tonneins à la CCVG, a dû faire partie des votes contre, puisqu'il s'est élevé pendant le débat contre cet achat, offrant même les 68 m² de l'Office du Tourisme de Tonneins comme lieu alternatif...

Cette maison du Prince Noir devrait devenir l'Office de tourisme communautaire de la CCVG, qui se contentait jusqu'à présent d'un ancien kiosque à musique près de la gare de Marmande et aurait ainsi une façade prestigieuse, mais à quel prix !

Une partisane de l'opération à la CCVG  a dit : "Ce serait un totem pour notre territoire et un lieu indispensable pour nos agents et pour valoriser le tourisme." [Sud-Ouest : La maison du Prince Noir au coeur d'une discorde garonnaise]

Cher "totem"...

On nous dit qu'il fallait payer ce prix parce qu'un autre acheteur était sur les rangs.
Et alors ? Ne pouvait-on le laisser acheter ? Qui était-il ? Quel était son projet ?

Autre point obscur : la ville de Marmande avait déjà pris, une semaine plus tôt, la décision d'acheter à son compte personnel la maison du Prince noir, pour y faire un Musée de la Tomate.
Ce Musée de la Tomate doit-il coexister avec l'Office du Tourisme communautaire ? Et un Musée de la Tomate, à supposer qu'il soit utile, a-t-il besoin du cadre médiéval d'une maison de Prince Noir ?

Le maire de Marmande et son premier adjoint, initiateurs du projet, tiennent ce raisonnement :

  1. "Le tourisme devient un vrai vecteur économique."
  2. "Le tourisme, c'est du rêve. Alors, il faut offrir du rêve. Le mythe de la tomate existe."
  3. "On a la chance de posséder un symbole du tourisme. On s'apprête à acheter un label, une marque qui s'appelle le Prince Noir."

Les trois points mériteraient ample discussion, quand la décision est acquise à la hussarde.

Mais supposons que ce soit juste...  A Tonneins, on va bénéficier du rêve de la Tomate dopé par le "totem" du Prince Noir ? Non, parce que la tomate est marmandaise et la maison du Prince Noir aussi...

C'est l'éternel problème du mariage Tonneins-Marmande : Tonneins ne paye-t-elle pas trop pour des équipements qui sont pensés pour Marmande (voir les bus vides...) ou pour le Marmandais, dont Tonneins ne fait pas vraiment partie ?