En 2006, dans le cadre du débat public sur la LGV Bordeaux-Espagne, est parue une très intéressante "Etude des dynamiques urbaines et territoriales" sur ce qui est nommé "l'euro-région du golfe de Gascogne" (bien que n'étant pas de plain pied sur ce golfe, Tonneins en fait partie, car cette euro-région englobe, côté français, toute l'Aquitaine et Midi-Pyrénées !).

L'étude évoque le bouleversement induit par la liaison rapide avec l'Espagne :
Nous avions deux métropoles à prétention européenne (Bordeaux et Toulouse)... une nouvelle métropole sera à portée de train : "l'eurocité basque" (de Donostia-San-Sebastian jusqu'à Dax), avec, juste un peu plus loin, la métropole basque de Bilbao.

Dans la troisième partie de l'étude, la vallée de la Garonne est étudiée, et une "situation de référence en 2020" dessinée. L'hypothèse est que la LGV Bordeaux-Toulouse est réalisée.

Cette situation 2020 ne prête hélas aucun dynamisme propre à la vallée de la Garonne :  stagnation agricole et industrielle !

Le seul dynamisme à attendre serait résidentiel : on vient habiter dans la vallée de la Garonne, mais on travaille à Bordeaux, ou alors, on est à la retraite.

A mesure qu'on s'éloigne de Bordeaux en remontant Garonne, ce dynamisme résidentiel, un peu comme la marée qui vient de la Gironde, s'émousse : très fort à Langon ("qui poursuit son intégration dans le système métropolitain de Bordeaux"), il va cependant toucher La Réole et même Marmande.

Et Tonneins ? Selon l'étude, elle regarderait plutôt vers Agen :

"Il existe un réel enjeu de redynamisation pour certains espaces situés en amont de Langon et notamment pour La Réole et Tonneins. Pour ces deux sites, il semble important de bénéficier d'une meilleure accessibilité vers des pôles économiques dynamiques susceptibles de relancer une attractivité résidentielle (La Réole avec Bordeaux et Tonneins avec Agen) : Enjeu d'une desserte ferroviaire rapide et cadencée entre Bordeaux et Agen."

En bref, l'augmentation des cadences de trains régionaux (TER) convaincrait des gens qui travaillent à Agen de venir habiter à Tonneins.

L'étude (qui est surtout une projection dans 10 ans des tendances observées maintenant, avec seulement la prise en compte de l'effet TGV) sous-estime peut-être le potentiel industriel de Tonneins.

De même, elle ne table pas sur un renouveau agricole... Et encore moins sur le retour à des circuits courts du producteur au consommateur !

Elle sous-estime aussi, peut-être, l'attraction de Bordeaux sur Tonneins (il y a déjà des tonneinquais qui vont travailler chaque jour à Bordeaux, non ? et avec le télé-travail, on peut imaginer que des tonneinquais iront travailler à Bordeaux deux ou trois jours par semaine à Bordeaux, et le reste du temps travailleront chez eux). Voir Dans quelques années... Tonneins à 50 mn d'Euratlantique

En tout cas, elle incite à ne pas prendre à la légère la vocation résidentielle de notre ville :

Nous ne pouvons pas cracher sur "l'émergence d'une économie de services et de proximité en accompagnement de l'attractivité résidentielle de certains secteurs", même si il n'y a aucune raison de renoncer à produire, dans un milieu géographique qui n'est pas du tout hostile !

Donc... il faudrait soigner la gare de Tonneins, implanter davantage d'habitations dans un rayon plutôt inférieur à 1 km autour de cette gare, pour permettre aux gens d'aller à pied prendre le train*.

Donner aussi, envie d'habiter à Tonneins, par exemple en s'appuyant sur son point fort du front de Garonne... (pour le reste, consulter Tonneins-débat !)


*Une passerelle permettant aux piétons venant du côté de Germillac d'accéder directement à la gare sans faire de détour par les ponts routiers irait dans ce sens.
Et par rapport à ce critère "aller à la gare à pied", le nouvel ensemble d'habitations du Clos de Venès n'est pas conforme ! Bon, on peut aussi prendre son vélo...