Nouveau tonneinquais participant assidu aux réunions de "Bienvenue à Tonneins" (à la maison Tapol le premier mercredi du mois à 20h30), j'y ai entendu plusieurs fois des reproches adressés par des nouveaux aux anciens tonneinquais. Pas à ceux, bien sûr, qui viennent aux réunions de "Bienvenue à Tonneins", mais il n'y en a justement pas tant que ça...

Les anciens tonneinquais seraient peu accueillants : invitations à l'apéro jamais rendues (malgré des promesses), impolitesse (certains ne diraient pas bonjour)...

Un ancien nouveau tonneinquais compare l'accueil qu'il a reçu à Tonneins avec celui qu'il avait reçu jadis à Dunkerque : c'était mieux à Dunkerque (ils ont en eux le soleil qui n'est pas dehors...) !

Un autre dit qu'il faut plusieurs générations pour s'intégrer par ici...

L'association des "chtis" en Lot-et-Garonne s'est aussi faite l'écho, si je me rappelle bien,  d'un même sentiment de réserve, de distance, ou de fermeture, de la part des autochtones. Le problème dépasserait-il Tonneins ?

On dit aussi que les anciens tonneinquais ont la religion du repas de midi à midi et à la maison, que le soir, ils sont scotchés à la télé, qu'ils ne fréquentent pas le Centre culturel, et "sortent" uniquement pour les séances de loto...

Bref, des êtres méfiants, fermés, passifs, routiniers et casaniers qui ne sortent de leur tanière que dans l'espoir de gagner quelque lot...

Il faut toujours se méfier des généralisations !
Parler en général du "vieux tonneinquais", c'est dresser un portrait robot à partir de milliers d'individus qui ont chacun leur histoire, leur psychologie, leur culture.
Une étude scientifique aurait déjà du mal à le faire, comment peut-on y arriver sur la base des expériences un peu décousues de la vie quotidienne ?
Et comment classer Tonneins (et les environs, voire la région toute entière) par rapport aux autres villes ou régions, alors que précisément on vit à Tonneins et pas ailleurs ?
Bien sûr, il y a ceux qui comparent avec l'accueil qu'ils ont reçu avant en d'autre lieux... Mais ils étaient plus jeunes, ils avaient un autre statut professionnel, d'autres chats à fouetter...


Bon, supposons qu'il y ait quand même quelque chose de réel derrière cette impression diffuse de "vieux tonneinquais non accueillants". Comment l'expliquer ?
Le repli sur soi peut venir de la peur de "l'autre". On préfère rester dans sa coquille et dans sa routine, parce que le contact avec l'inconnu risque d'apporter davantage de tracas que d'agréments.

Les vieux tonneinquais ont vu leur ville beaucoup changer :
Ils ont vu les jeunes (leurs enfants) partir au loin pour gagner leur vie.
Ils ont vu la vie collective dépérir peu à peu : moins de monde dans les rues (ou alors des jeunes "apaches" qui leur font peur ou des voitures qui roulent trop vite ou font de la musique très fort), moins de cafés, moins de commerces, moins de chaises qu'on installe sur les trottoirs aux beaux jours, moins de fêtes et de foires qui parfois duraient trois jours...
Ils ont vu fermer la "Manu" et l'emploi devenir rare.
Ils ont souvent mal vécu l'immigration maghrébine. Mais faut-il y voir dans cette immigation une cause de repli sur soi, ou une conséquence d'un repli sur soi qui existait déjà avant ?


Et s'il y a un grain de vérité dans "le mauvais accueil des vieux tonneinquais", que faire ?

Leur faire comprendre qu'ils ne doivent pas avoir peur de nous, au contraire !
Et aussi, ne pas devenir à notre tour des "vieux* tonneinquais revêches" !-)


Notes :

  • Chaque année, les nouveaux tonneinquais sont très agréablement reçus à la mairie.
  • Dans cette "dissertation", j'ai hésité entre les expressions "vieux tonneinquais" et  "ancien tonneinquais". On peut être né à Tonneins, et être un ancien tonneinquais encore jeune ! Et d'où vient l'impression que Tonneins "est une ville de vieux" (certains disent "de vieux et d'arabes", m'a-t-on rapporté !) ?