"Tonneins débat" assistait bien sûr à la conférence de Jean Pierre ROUMAT organisée par "Bienvenue à Tonneins" sur le renouveau du chanvre en Tonneinquais.

Voici un petit compte rendu, pour lui donner plus d'écho (je n'ai pris aucune note, c'est dire que les explications données, avec gentillesse, étaient digestes - excusez quand même mes erreurs éventuelles).

Un groupe d'agriculteurs ("Energie chanvre") se sont mis, autour de Fauillet, à cultiver du chanvre, renouant ainsi avec une vieille tradition tonneinquaise (Tonneins et ses corderies...). 
La surface cultivée est actuellement d'environ 100 ha.

Chanvre et cannabis :
A propos de chanvre, beaucoup pensent tout de suite au cannabis.
Le chanvre cultivé à Tonneins est de l'espèce "cannabis sativa" (cananabis utile !). Par sa teneur faible en THC, il est impropre à la production du cannabis-drogue. Donc, inutile d'aller chaparder des feuilles dans les champs, comme certains l'ont fait !-)

Le cycle de production :
Le chanvre pousse très vite, jusqu'à faire des tiges d'environ 3 m en 2 ou 3 mois.
Par rapport au maïs, il est économe en eau, et aussi en engrais.
Par contre, sa récolte est plus complexe que celle du maïs, puisqu'elle porte aussi bien sur les graines (en haut des tiges) que sur les tiges elles-mêmes.
Les tiges sont travaillées en usine pour en séparer les deux composants : les fibres (qui servent par exemple à la corde), et la chennevote. Cette opération s'appelle le défibrage.

Les utilisations du chanvre :
Elles sont très variées
, et on peut en trouver de nouvelles :

  • Les graines : aliments pour oiseaux (chennevis = cannabis), huile, pharmacie...
  • Les fibres : corde, couches d'isolation pour le bâtiment (remplaçant avantageusement la laine de verre), textiles et autres (cherchez sur le web pour plus de précisions !)
  • La chennevote (morceaux de tiges broyés) : litière pour animaux, matériau isolant utilisé dans le bâtiment en mélange avec de la chaux, sous forme de parpaings ou par aspersion sur des panneaux de plâtre, dans un contexte d'ossature bois, mélange avec du plastique pour des composants de l'automobile...

Menaces sur le chanvre tonneinquais :

A l'heure actuelle, la transformation du chanvre tonneinquais ne se fait pas sur place.
On a manqué de peu l'installation d'une usine sur le site extérieur de la "Manu" et cette usine s'étant finalement implantée à Muret, près de Toulouse, il faut transporter le chanvre là-bas.
Il y a donc un coût de transport du chanvre récolté qui pèse sur sa rentabilité.
Il faudrait donc, au moins, une usine de défibrage proche de Tonneins, pour réduire le rapport entre le coût de transport et la valeur du matériau à transporter.

Autre difficulté : les fluctuations des cours des cultures concurrentes.
En 2007, le prix du maïs a  explosé, et la culture du chanvre est apparue brusquement comme non rentable.
Mais en 2008, le prix du maïs est retombé...

Bonne chance !